Chimères, par Laurent Loison

Voici un premier article écrit avec la nouvelle version 5.2 de WordPress… Espérons que je tiendrai jusqu’au bout…

Des femmes torturées et violées abandonnées dans les forêts de l’hexagone, avec pour consigne de contacter la presse. 
Quel fil conducteur, quel point commun les relie ? 
Justine et Jéremy, deux jeunes journalistes que rien n’aurait pu réunir vont jouer aux apprentis détectives. 
Au fil des témoignages éprouvants des victimes, se dessine le contour cauchemardesque de l’âme du criminel.
Mais l’arbre ne cache-t-il pas la forêt ? 


En cette période où la mode est aux gilets jaunes, je me suis dit « Tiens, et si je lisais un roman noir ? » J’ai scruté attentivement mes réseaux sociaux à la recherche de la perle rare. Je sortais juste d’un roman historique qui se déroulait sous la révolution, j’avais une forte envie de changer d’air.

Laurent Loison fait partie de mes contacts depuis longtemps. Aussi un post annonçant la parution d’un nouveau livre n’a pas été difficile à venir sous mes yeux. En plus, une promo pour le lancement, n’hésitons pas, lançons nous. Au pire, j’aurai perdu 3.99€ et lui les aura gagnés. Le challenge n’était pas inaccessible.

Et je me suis fait piéger. Dès les premières pages. J’allais presque dire la première page. Ah, c’est qu’il est malin le Loison ! Il ne tergiverse pas pendant vingt-cinq chapitres pour mettre le lecteur en appétit, poser la situation, analyser les personnages. Ah non.. Directement dans le grand bain, et sans les petites bouées. Plouf.. Direct dans le noir, dans le bien noir, dans le sordide. Et ça va crescendo au fur et à mesure du livre. Plus ça va et plus c’est pire, comme on dit ! Des viols, des attaques gratuites, des prénoms de femmes humiliées qui s’accumulent, des belles, des moins belles, des intellos, des manuelles, des bimbos. Toutes les femmes sont égales devant les saloperies, devant les mecs qui ne voient en elles qu’objets sexuels pour apaiser leurs appétits de détraqués.

Et le pire, c’est que dans le noir, dans le grand bain, on y reste un bon moment. Pour essayer de tirer quelque chose des quelques indices que les violeurs peuvent laisser derrière eux, une équipe de journalistes dirigée par la belle Justine et son adjoint Jérémie. La belle et la bête en quelque sorte. Elle, sûre d’elle et allant de l’avant, lui, bègue, timide et sûr de rien sauf de son enfance malheureuse. Et en plus, amoureux d’elle à en lécher la moquette !

Absolument impossible de quitter un chapitre sans jeter un œil distrait sur le suivant et se laisser piéger une nouvelle fois. Et continuer, continuer jusqu’au dénouement et à la magistrale claque finale qui laisse sans voix.

Le viol, une véritable honte. Laurent Loison n’hésite pas l’aborder, sous tous ses angles. Sous le côté sordide de la scène découverte par les enquêteurs, mais aussi sous le côté douloureux des femmes humiliées et souillées. L’auteur arrive parfaitement à les faire parler, à leur faire raconter, avec retenue, leur calvaire, la douleur de ce qu’elles ont supporté. Et des conséquences, de comment elles vont pouvoir vivre à présent avec cette valise à porter. Exercice peu facile quand on est un homme, mais exercice parfaitement réussi. Aidé il faut le dire par des chapitres plus légers, teintés d’humour et de naïveté qui font bien redescendre la pression. Une alternance de scène dures et de scènes ou l’on se surprend à sourire.

Bref, concluons. J’ai passé plusieurs heures de lecture de haut niveau. Je ne connaissais pas cet auteur et j’avoue que j’ai été bluffé, que je me suis laissé prendre par ce roman extrêmement bien écrit, bien construit. Maintenant, en voyant Laurent Loison dans mes contacts, je sais à qui j’ai affaire et ce qu’il est capable d’écrire. Avec ou sans gilet jaune, faites comme moi, plongez dans ce roman noir et vous ne le regretterez pas !

Bon… Par contre, le nouvel éditeur de WordPress, je ne suis pas vraiment emballé… Il va falloir bosser !


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.